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Résumé
Un grand spectre menace de manière constante la réflexion sur la démocratie dans les sociétés plurales ou encore sociétés divisées, c’est l’« alarmisme », c’est-à-dire la tendance à rendre compte de la démocratie dans les sociétés plurales sous le mode du risque, de la catastrophe imminente ou de la mission de sauvetage (LIJPHART, 1987 ; DELGRANGE, 1993 : 1157 – 1202). La raison alarmiste campe le chercheur soit dans un rôle de Cassandre prévoyant la catastrophe en termes d’éclatement de la société, de cristallisation des clivages (ABBINK, 1995), soit dans un rôle d’admirateur contant la fable de la réussite exceptionnelle de la démocratie dans les sociétés plurales (LIJPHART, 1987). Dans un cas comme dans l’autre, l’exception est de mise. Il s’agit ici et maintenant de tordre le cou à la raison alarmiste. Tout semble se passer comme si la démocratie présupposait une société homogène pour réussir « normalement ». Cet impensé homogène de la réflexion doit être passé au tamis de la discussion réaliste. Car, il est difficile de penser historiquement la démocratie sans hétérogénéité de la société, sans dissensus nécessitant la recherche d’un consensus minimal et relatif, étant entendu qu’il existe des différences de degré et de nature dans l’expression et la gestion des désaccords et des clivages. La démocratie n’est pas antithétique au couple « même et autre ». (MILACIC, 1996 : 93-115)
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