La résolution des conflits en Afrique Thèses de doctorat 0
Droit public 2003 Français 0 vue

La Résolution Des Conflits En Afrique

Résumé

Située entre l'océan Atlantique et l'océan Indien, l'Afrique se présente sous la forme d'un point d'interrogation qui ponctuerait le questionnement d'un continent que ses potentialités économiques, culturelles et diplomatiques ainsi que la richesse de son passé prédestinent aux premiers rôles dans le monde, mais que la réalité présente sous un visage moins resplendissant: celui d'une terre déchirée par de nombreux conflits. C'est la raison pour laquelle, la nécessité de résoudre les conflits, qui minent les efforts entrepris pour développer le continent noir, prend toute son importance dans le contexte actuel des relations internationales marqué par la vigueur du courant afro pessimiste. En effet, à l'heure de la planétarisation, les moyens de communication modernes dominés par les médias européens, véhiculent une image néfaste du continent noir. Pour eux, l'Afrique est synonyme de crise, de tribalisme, d'épidémies etc. Ils sont relayés par toute une génération d'intellectuels qui désespère d'elle. Ainsi, pour Alvaro Vasconcelos, directeur de l'Institut d'Etudes Stratégiques de Lisbonne: " souvent qualifiée de continent chaotique, l'Afrique est synonyme d'épidémie, de famine, de vagues de réfugiés fuyant la guerre et la sécheresse, de tyrannie, ou, au mieux, de mauvaise gestion des affaires publiques, de marasme économique qu'aggravent des crises incessantes et l'imminence de la désintégration étatique. Du reste, cette image désastreuse, qui se double d'un intérêt stratégique marginal, a incité bien des personnes à penser que l'Afrique est en voie de perdition. Un autre auteur, Joffre Dias exprime, le même sentiment : L'Afrique subit les conséquences désastreuses des calamités naturelles, et les maladies endémiques les plus cruelles. Tel est le cas du Sida à l'heure actuelle. A titre d'exemple, en août 1989, 177.965 cas de Sida ont été déclarés par 152 pays, dont 31.146 cas en Afrique (52 pays). En mars 1990, 203.599 cas ont été rapportés à l'O.M.S dont 38.248 pour l'Afrique, mais ces chiffres sont sans doute bien en dessous de la réalité. Pour certains experts de l'Afrique, dans les cinq ans à venir, la mortalité des adultes aura doublé, voire triplé. » Si ces jugements s'appuient sur des réalités indéniables, ils auraient dû être relativisés par les vicissitudes que présente l'histoire de l'Europe qui, depuis au moins la formation des embryons d'Etats a été marquée par d'effroyables guerres ayant atteint leur paroxysme avec les deux guerres mondiales. Mais, il est logique de s'interroger sur la persistance des conflits meurtriers en Afrique alors qu'ailleurs, les efforts pour mettre la guerre hors la loi commencent à porter leurs fruits. Ainsi, pour Michael Gorbatchev, un des principaux protagonistes du conflit Est-Ouest, "la formule classique en son temps de Clausewitz selon laquelle la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens est périmée. Sa place est dans les bibliothèques " L'exigence du bannissement de la violence a été réaffirmée par la Cour Internationale de Justice dans son arrêt du 27 juin 1986. « A l'époque contemporaine, l'interdiction de l'emploi de la force dans les relations internationales est hissée au niveau d'une norme impérative de valeur absolue. Parallèlement, l'obligation de résoudre les conflits par les moyens pacifiques qui en est le corollaire acquiert le même caractère impératif » La recherche d'une paix globale en lieu et place des arrangements régionaux comme le traité de Westphalie a donné naissance à des constructions comme le pacte de la Société Des Nations, l'Organisation des Nations Unies. Néanmoins, les Etats ont continué de manifester leur attachement aux organisations régionales (Alliance Atlantique, Organisation des Etats Américains. Organisation des Nations de l'Asie du Sud-Est, Organisation de l'Unité Africaine etc.). L'adhésion des Africains à ce rejet de la guerre ne fait aucun doute comme l'attestent le sens de leur vote à l'Assemblée générale des Nations Unies les dispositions de la charte de l'O.U.A ainsi que les autres normes élaborées à cette fin. Dès lors, la persistance des conflits en Afrique malgré tout, nous amène légitimement à rechercher les facteurs explicatifs de cette contradiction et à nous poser la question de savoir comment résoudre les conflits sur le continent. Le caractère passionnant de cette recherche en science politique, ainsi que la portée pratique possible de ses résultats sur la qualité de la vie de millions d'africains ne doivent pas faire perdre de vue les difficultés qui lui sont liées. La première difficulté est liée au thème et au domaine de la science politique auquel il s'applique. Si quelques recherches ont été menées sur le sujet, leur approche a été plutôt juridique. De fait, l'étude des conflits sous l'angle du droit a l'inconvénient d'être essentiellement descriptive et de laisser de côté la dynamique des conflits. De surcroît ces ouvrages et thèses sont pour la plupart anciens car datant de la première décennie des indépendances africaines, comme si les chercheurs désespéraient de l'Afrique. Le deuxième obstacle se situe dans toute recherche sur un thème de cette nature. L'insécurité sur le terrain, la méfiance des fonctionnaires vis à vis d'un sujet aussi sensible rendent malaisé la découverte d'éléments de fond sur la question. Pour ne prendre qu'un exemple, la datation des conflits pose problème dans la mesure où ces crises étant progressives, chacun des protagonistes (belligérants, universitaires, journalistes, organisations internationales) émet la sienne. Aussi, pour surmonter cette question avons-nous donné à chaque fois que cela a été possible la date précise; à défaut le mois de la crise ou l'année où elle est survenue. La troisième équation réside dans le caractère très évolutif des paramètres entrant en compte dans le thème de la résolution des conflits. S'agissant d'un domaine aussi vital, les différentes interactions enregistrées aboutissent à des changements rapides qui doivent être saisis au-delà de leur valeur événementielle. Toutes ces contraintes nous ont amenés à dégager une méthode qui sera présentée (section 2 ème ) après que nous aurons limité le cadre d'étude du sujet (section 1ere)

Informations

Type Thèses de doctorat
Domaine Droit public
Année 2003
Consultations 0
Langue Français
Ajouté le 21/06/2026

Classification typologique

Type principal Thèses de doctorat
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