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Résumé
Le lien entre le concept politique et les concrétisations juridiques de la séparation des pouvoirs se comprend à la lumière du libéralisme qui entretient avec le pouvoir politique une relation complexe. S’il le considère comme un phénomène nécessaire à la bonne organisation des sociétés, ce courant de pensées le tient néanmoins en suspicion en raison des atteintes aux libertés qu’il peut engendrer dans son exercice. Pour transcender cette contradiction, la séparation des pouvoirs est avancée comme la première concrétisation juridique du constitutionnalisme moderne, la clé de voûte de l’organisation politique de l’État, dont les deux principes constitutifs, l’autorité et la liberté, antagonistes par nature, se trouvent articulés dans un exercice raisonné, entendons constitutionnel du Pouvoir1. Depuis que Montesquieu a averti qu’« un organe ne peut concentrer deux fonctions » sans verser dans un autoritarisme destructeur des libertés, l’ingénierie constitutionnelle de l’État moderne s’efforce de réaliser une distribution des trois grandes fonctions régaliennes du pouvoir politique (législative, gouvernementale et judiciaire) entre différents organes constitutionnels au sein de l’État.
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