Articles et extraits
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Résumé
En Afrique noire francophone, n’est pas président de juridiction constitutionnelle qui veut, mais qui peut. En près de trois décennies de pratique, la juridiction a acquis une notoriété inattendue et est, dans certains pays, de plus en plus redoutée par le politique. Dans les mélanges en l’honneur du Doyen Machelon, Jean du Bois de Gaudusson esquisse une explication du repositionnement controversé du juge constitutionnel au cœur du jeu des institutions : « À la différence de ce qui se passe dans les démocraties largement stabilisées et appartenant au monde de la postmodernité », écrit-il, « des décisions des cours africaines dépendent, pour une part qui peut être déterminante, le sort d’un régime, l’issue d’un processus de sortie de crise ou encore la pacification du jeu politique sous tension ainsi que les acquis de la consolidation démocratique »1. Ainsi, « chargées comme elles sont, par définition et par essence, d’exercer un contrôle du pouvoir politique ou à tout le moins d’être en relation constante avec celui-ci », les Cours africaines sont attendues sur tous les théâtres de pouvoir et se sont imposées comme une des pièces maîtresses du régime. C’est ce qui rend sensible, en Afrique noire francophone, la fonction de président de juridiction.
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