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Résumé
Les collectivités territoriales ont été, selon l’expression consacrée, en première ligne durant la crise du coronavirus : achat et distribution de masques, création de fonds d’équipement d’urgence pour les professions de santé, installation de centres d’hébergement pour les sans-abris, mise en place de services de téléconsultation pour les centres de protection maternelle et infantile, arrêtés visant à obliger à porter un masque en certaines circonstances, opérations de dépistage pour les personnels et résidents des établissements accueillant des personnes âgées, etc. Leur action s’est doublée d’un discours sévère à l’égard de l’État, lequel n’aurait pas été à la hauteur des enjeux. D’un côté, selon le président du Sénat, Gérard Larcher, « la crise sanitaire a montré la réactivité des collectivités territoriales face à un État défaillant devant l’urgence » (Galiero et Mourgue, 2020). De l’autre, selon un observateur avisé du local, Romain Pasquier, « en termes de santé publique, la faillite de l’État est totale ; l’hypercentralisation de la décision au plus haut sommet de l’État s’est traduite par des retards sur tous les enjeux majeurs, de l’équipement des hôpitaux aux stratégies territoriales à mener » (Forray et Gaspar, 2020). Si ces critiques manquent certainement de nuance, elles n’en ont pas moins conduit à braquer le projecteur sur les relations entre santé publique et territoires et, plus particulièrement, sur ce qu’il est convenu d’appeler la territorialisation de la santé publique. Il convient de revenir sur chacun des termes de cette expression.
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