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Résumé
Continuité ou rupture des règles constitutionnelles sur la représentation ? C’est l’interrogation que suscite le nouvel ordre constitutionnel du Gabon instauré, par la « constitution-référendaire » du 19 décembre 2024, à la suite du passage obligatoire par le droit transitionnel posé par la Charte de transition du 2 septembre 2023. Les leçons tirées de cette traversée forcée voudraient que ce soit la rupture qui prévale. Mais, le Gabon dévoile qu’il n’arrive pas à repenser les normes et les institutions, sources d’instabilité, comme l’illustre la fragilité actuelle de la représentation. Une fois de plus, le mimétisme « inadapté » est la voie choisie pour la revitalisation de la représentation malgré les innombrables analyses critiques faites sur la manière de la construire. Une des « lignes de fond structurelles » d’appui à la démocratie, à l’alternance présidentielle, à la séparation des pouvoirs, à la stabilité et la légitimité des institutions, présente donc les perspectives menaçantes d’un conflit et d’une crise. On pourrait se demander à quoi aura servi la rupture de l’ordre constitutionnel dont la motivation profonde était d’arriver à résoudre les contradictions, les controverses et différends par un consensus ou un compromis dont la représentation équilibrée est le symbole ? L’ambition de la présente analyse est donc de démontrer la continuité des règles déséquilibrées de la représentation construite depuis le renouveau constitutionnel gabonais issu de la conférence nationale souveraine et posée par la constitution du 26 mars 1991 et ses révisions. À cet égard nous pouvons relever la reconduction d’un conflit potentiel entre les représentants et la reconstitution d’une crise potentielle autour du représenté.
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