Articles et extraits
0
Résumé
Pour le professeur Delmas-Marty, « le dogme de l'universalisme des droits de l'homme serait, à en croire le Préambule de la Déclaration de 1948, fondé sur "la foi" des peuples des Nations unies dans les droits fondamentaux de l'homme ». Il est tout à fait exact que l'appréhension des droits de l'individu en dehors du cadre strict de l'ordre juridique national reste conditionnée par un choix axiologique majeur. D'un côté, les universalistes attribuent les droits de l'homme à chaque individu à raison de leur simple appartenance à l'humanité. En ce sens, Robert Badinter retient que « dans le sort de chaque être humain, dans sa dignité sauvegardée ou perdue, se joue l'idée d'humanité toute entière ». D'un autre côté, les tenants du relativisme culturel posent comme principe que les règles morales ne peuvent être pensées indépendamment d'un contexte culturel, rendant arbitraire toute définition universelle des droits de l'homme. Certains États ou groupes d'individus critiquent ainsi sévèrement l'impérialisme occidentalisé des droits de l'homme, qui ne respecterait pas les fondements de leur propre culture. En ce sens, le sultan de Brunei a récemment demandé « la tolérance, le respect et la compréhension » des Nations unies sur la pratique de la lapidation des homosexuels dans son pays.
Informations