Thèses de doctorat
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Résumé
L'histoire du Cameroun est jalonnée par deux dates presque d'égale importance: 1960 constituant l'indépendance avec le début d'exercice des compétences nationales et internationales d'un Etat devenu véritable sujet de droit et 1990, constituant l'éveil à la démocratie et le début d'un encadrement juridique réalisant l'évolution vers un Etat de droit. L'accession à l'autonomie des Etats d'Afrique a été réalisée à des échéances chronologiques variées, mais le rendez-vous de la démocratie et l'Etat de droit a mobilisé toutes les forces vives et progressivement les pouvoirs politiques de gré ou de force. Les processus étaient sanctionnés par la tenue des premières élections pluralistes. Les déclarations du Président Paul BIYA confondent nettement les ambitions unanimistes du système politique contesté : « il faut bien considérer aussi que d'autres valeurs de référence peuvent exister. Il faut bien considérer aussi que d'autres courants de pensée existent qu'il faudra prendre en compte, combattre ou intégrer. Notre parti est fort, certes, mais il doit dès aujourd'hui se préparer à la concurrence... ». Ces propos du chef de l'Etat camerounais tenus à un moment historique particulier, annonçaient le début d'une nouvelle aventure socio-politique nationale : Les distinctions raciales disparaissent progressivement de la société politique sud-africaine. Les dernières élections, qui viennent de porter au pouvoir le leader historique Nelson MANDELA et son parti l'A.N.C' ouvrent une ère nouvelle dans ce pays. Ces premières élections multiraciales ont sonné le glas de l'apartheid et organisé une alliance entre Etat de droit et démocratie. Cela s'est également confirmé au-delà du continent africain. Le mur de Berlin n'est plus que ruines et avec son effondrement, conséquence de la destruction des bases staliniennes du pouvoir, c'est toute une référence politique qui entre sans beaucoup de regret aux calandres de l'histoire. Nous assistons en définitive au triomphe du libéralisme politique et économique. L'émergence de la démocratie et du libéralisme est à la mesure de l'échec de l'unanimisme et du communisme. La nervure centrale du pouvoir cesse d'être le parti comme dans les pays de tendance marxiste leniniste, l'exercice du pouvoir cesse d'être affaire d'un homme, d'un groupe ou d'une communauté ethnique ou tribale comme c'était jusque-là le cas dans la majorité des Etats d'Afrique. Avec l'émergence de l'universalité des droits de l'homme et la reconnaissance de la dignité humaine en deçà et au-delà des Pyrénées, c'est un nouveau contrat social qui se reconstruit dans le monde et notamment en Afrique après plus d'un quart de siècle des indépendances: trente années de pouvoir absolu et de l'arbitraire érigés en règle, l'incertitude d'un avenir encore tumultueux reste à l'image des « certitudes » hasardeuses des modèles de construction de l'Etat. Si l'Etat existe bien sur le papier, la réalité de cet Etat soulève encore beaucoup d'interrogations. A ce triste sort est liée la volonté encore à prouver d'édification d'une nation repère fondamental d'une réglementation juridique. L'histoire des années 1990 fart apparaitre le souci de construction des Etats de droit et d'une démocratie participative Tous les discours politiques s'inscrivent dans cette logique dont la convergence pourrait surprendre à juste titre mais la réalisation devrait être évaluée à l’épreuve des faits. En réalité, chaque Etat soucieux de contenir la montée des forces nouvelles précipite les mutations tout en évitant d'être débordé et partant de voir l'histoire s'écrire par d'autres. La réalité économique catastrophique doit entretenir le nouveau discours de l'Etat de droit et de la démocratisation. C'est ce changement de cap qui préoccupe l'essentiel de nos développements qui en se limitant dans le cas du Cameroun donnent les indicateurs de l'allure du phénomène dans les pays sites au sud du Sahara. Ils peuvent inspirer les transitions opérées dans autres pays dès lors que le Cameroun est considéré comme cette Afrique miniaturisée. Depuis 1990, le Cameroun s'est engagé de manière définitive dans la voie de la démocratisation et de la construction d'un Etat de droit. La particularité se situe moins dans les concepts que dans les processus. II importe donc de situer l'objet de notre étude pour mieux cibler son objectif et la méthode retenue pour conduire et soutenir cette analyse.
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