Thèses de doctorat
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Résumé
La double question de l'État et des libertés publiques est d'une approche difficile car son étude se rattache inévitablement à des courants de pensée très différents. Cela rend la tâche du juriste particulièrement ardue, car avant de pouvoir expliquer les règles, il se doit d'élucider la signification des termes dont il partage l'usage avec d'autres disciplines scientifiques. Cela vaut tout particulièrement pour des expressions polysémiques comme l'État ou les libertés publiques. Les notions d'État et de libertés publiques peuvent être entendues dans des sens différents. Pour la clarté de notre propos, Il est donc indispensable les expliquer d'abord séparément avant de les aborder ensuite ensemble. CONCLUSION GÉNÉRALE : Il n'est pas de réflexion véritable qui ne finisse par poser plus de questions qu'elle n'en résout. Notre analyse n'échappe pas à cette quasi-règle. C'est pourquoi nous n'avons pas la prétention d'avoir épuisé le débat, au terme de ces quelques réflexions sur la dialectique de l'État et des libertés publiques en Afrique noire, il travers le prisme camerounais. Au début de notre analyse, nous nous sommes posé la question de la dialectique de l'État et des libertés publiques en général, et dans le cadre spécifique du Cameroun. Nous avons essayé d'apporter une réponse à cette question. Nous avons ainsi montré que la dialectique de l'État et des libertés publiques se pose en des termes identiques dans tous les États. Mais des problèmes inhérents à chaque pays viennent toujours interférer avec cette dialectique. Dans le cas du Cameroun, la spécificité socioculturelle et politique, le contexte militaire de la naissance de cet État sont venus interférer avec cette dialectique et ont pesé d'un poids considérable sur les rapports entre l'État et les libertés publiques. Les dirigeants, sous prétexte de lutter contre la rébellion militaire, ont annihilé toute velléité de revendication du respect des libertés et droits fondamentaux. Cette même argumentation a été utilisée sous le prétexte de la construction de l'unité nationale, les mêmes causes produisant les mêmes effets. La construction de l'État-nation a ainsi été le prétexte à de nombreuses violations de droits et de libertés fondamentales. À la fin de notre recherche, une question fondamentale se pose. Elle peut se formuler de la manière suivante: la liberté dont la jouissance se trouve tributaire d'un état de développement de la société peut-elle être considérée comme réelle? En d'autres termes, le fait de soumettre la jouissance de la liberté à l'atteinte d'un niveau de développement étatique, social ou économique est-il raisonnable? C'est tout le problème de la dialectique entre les libertés publiques et le sous-développement qui est ainsi posé. Il peut paraître paradoxal de vouloir rapprocher des notions telles que les libertés publiques et le sous-développement tellement celles-ci semblent antinomiques. En effet, si l'on s'attarde un tant soit •peu sur la société internationale, on s'aperçoit que le non-respect des droits de ['homme est une sorte de paramètre invariant du sous-développement. Une certaine pensée prosaïque, pour ne pas dire simpliste, voudrait même que les atteintes aux droits fondamentaux soient spécifiques aux "États en voie de développement"…
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